La maladie m'a guérie

Publié le par Melodie Desjours

Les jours où je souffre le martyre, je me remémore ce temps passé où l’insouciance régnait en maître dans ma vie.

Ce temps où j’usais les planchers de boîtes de nuit avec mes copines, où je pouvais ne dormir que 3h par nuit et enchaîner les nuits blanches (et les soirées alcoolisées). Ce temps où je n’avais peur de rien et mon futur était le lendemain.

Cette époque révolue où je ne pensais pas aux escaliers à monter, à la distance à parcourir à pied, à la fatigue ressentie, à la présence de places assises.

Cette époque où je croyais encore aux belles paroles et en les gens, à leurs promesses et à leur fidélité.

Parfois, la nostalgie m’assaille et je me dis qu’elle était belle cette époque, que je n’avais pas conscience de ma chance d’être debout et de pouvoir le rester, que je n’en ai pas assez profité et que j’y ai surement trop cru. On appelle ça l’insouciance. La soif de vivre.

Et puis la réalité me rattrape et je regarde Lemarienor et le Lutin, et je me dis que sans mes maladies, je n’aurai jamais eu la chance de pouvoir faire le tri, de me rendre compte.

Certes, sans mes « trois collocs » je mènerais probablement une brillante carrière, j’aurais certainement une vie sociale de dingue mais je ne connaîtrais pas la valeur des gens et encore moins de la vie.
Aujourd’hui, grâce (entre autres) à mes maladies, j’ai choisi mon entourage. J’ai rencontré de nouveaux amis -les autres ayant fui à la première crise- qui ont été mis à rudes épreuves mais qui sont restés, malgré les coups du sort, les urgences à la dernière minute, les diners/goûters-perfusions à domicile, les angoisses du temps qui passe et des épées de Damoclès.

J’ai cette chance inouïe de savoir qui sont les vrai(e)s et de pouvoir leur confier ma vie sans avoir peur du jugement… sans entendre de phrases assassines.
J’ai cette chance que beaucoup n’ont pas : être bien entourée. Et même à des centaines de kilomètres de moi, je sais qu’ils ne me lâcheront pas.

Alors oui les maladies m’ont coupée dans mon élan, dans mes études et dans mes ambitions, mais elles m’ont guidée vers moi-même et vers le mieux-vivre, le mieux-être et je suis intimement convaincue qu’il n’y a pas de hasard….grâce à elle j’ai opéré une refonte totale de ma vie.

A ce jour, j’ai mené de beaux projets (j’ai, entre autres, animé un atelier en détention et eu des responsabilités dans une asso et j’ai adoré ça), je suis sortie de ma zone de confort (je suis partie à 500 km du confortable cocon familial), j’ai rencontré de belles personnes via les associations de malades, j’ai eu envie d’écrire encore et encore, et surtout, surtout, j’ai fait la plus belle des découvertes : MOI. Je ne suis pas sure que j’aurais pu dire la même chose si ma vie n’avait pas été bouleversée.

Evidemment, ce n’est pas en un article que je peux tout résumer. Tout ceci n’est qu’un échantillon du fond de ma pensée et de ma vie mais l’idée principale y est et résonne en moi.

« Aujourd'hui, je choisis que mon destin ne sera pas fait que de maladie. Le destin, c'est cette possibilité de vie merveilleuse à laquelle j'ai droit si je suis suffisamment à l'écoute. Il ne s'agit surtout pas d'une route tracée d'avance. Pour moi, c'est cette "zone" où je suis moi-même et sur laquelle je peux me réaligner pour être en harmonie avec la vie. » Guylain Mercier, La Maladie m’a guéri

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Cloudy 13/02/2016 16:36

Bouleversant ce billet. Il me touche infiniment pour un certain nombre de raisons...
La première étant que je te suis depuis un certain temps. Quel chemin parcouru, quelle force intérieure !
Je te rejoins, les hasards pour moi aussi n'en sont pas.
Se rencontrer soi, vivre avec soi en paix : rien de plus beau et fort !
Je t'embrasse

Bibinou 11/02/2016 08:11

Ce billet j'aurai pu l'écrire !!! Moi aussi je remercierai presque ma maladie de m'avoir ouvert les yeux sur la vie , la vraie!

Non c'est anonyme 11/02/2016 00:13

J'ai lu et c est beau. J'en ai les larmes aux yeux.ces maladies atroces, ça ne devrait pas pouvoir exister mais dans notre monde "pourri" il risque d'y en avoir de plus en plus. Il faut réussir à preserver l'amitié. Bon courage à tous ceux et celles qui en souffrent.

Allychachoo - Famille en chantier 10/02/2016 17:31

Waouh. Quelle leçon ton article. Quelle manière de voir les choses ! Tu m'inspires beaucoup, je le garde précieusement dans un coin de ma tête, en espérant réussir à m'en inspirer pour le futur. Je te souhaite plein de belles choses !

Melodie Desjours 10/02/2016 21:32

Merci pour ton passage ici.
De bien belles choses à toi aussi <3

Chercherousse 09/02/2016 19:31

Alors je viens de tomber totalement par hasard sur cet article, je ne connais donc rien de toi ou de ta/tes maladies (si tu en as déjà parlé auparavant) mais je te dis bravo, il est superbe et c'est bien vrai que c'est quand les problèmes surgissent que l'on voit sur qui on peut compter ou pas.

Je ne comprendrais jamais les gens qui disparaissent/fuient parce que tu es malade, ha si un jour ils devaient tomber malade a leur tour, comment feraient ils ? Ils ne pourraient pas se fuir et je suis sûre qu'ils apprécieraient si leurs proches restait pres d'eux.

En tout cas bravo pour la force que tu as pu acquérir et ce que tu as pu découvrir.

Bon courage, bonne soiree
Melanie

Http://chercherousse.com/

Melodie Desjours 10/02/2016 14:17

Merci pour ton commentaire Mélanie et tes encouragements.
Tu as raison pour la fuite des gens et c'est malheureux le lot de nombreux malades !
Des bises