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Quinze ans après

Publié le par Melodie Desjours

Je pourrais te dire des milliers de choses, te raconter notre rencontre et des anecdotes. Te dire qu'à un moment j'admirais ta force et ta détermination qu'on pouvait prendre pour de l'arrogance.

Tu m'as abandonnée pour vivre ta passion amoureuse avec un mec qui t'a éloignée de moi, de nous, qui a coupé ce cordon qui nous liait, qui nourrissait notre amitié. Tu m'as envoyé un mail tranchant.

T'es revenue trois ans après, sans lui mais avec un petit vous que j'ai aimé d'emblée.

Ta vie était devenue une sorte d'errance, une galère de tous les instants, une lutte acharnée pour réussir à respirer, pour ne pas trop boire la tasse.

Je t'ai aidé comme j'ai pu, j'ai essayé de combattre à tes côtés, j'ai voulu oublié la trahison, effacer la blessure, noyer l'absence, faire comme si tout ça n'avait pas exister. J'ai pensé pouvoir pardonner tes mots, ta fuite, faire comme si. J'ai cru qu'on pouvait faire comme si 15 ans d'amitié résistaient à tous les tumultes de l'existence. Je me suis sur-estimée.

Et puis t'es venue chez nous, avec ton petit plus et j'ai compris le décalage, j'ai observé le fossé. J'ai pris conscience du mal que ces 3 ans avaient fait à notre amitié.

J'ai été heurté par tes cris quotidiens, ta violence verbale, ton irritabilité permanente.

J't'ai tendu des perches que t'étais probablement pas prête à saisir.

J'n'ai pas réussi à te transmettre la bienveillance que j'estime nécessaire pour avancer, à te faire comprendre qu'il te fallait de l'aide....

J'ai persisté malgré tout, parce que j'estimais que je pouvais te sauver, que je pouvais être le pilier sur lequel tu pourrais t'appuyer. J'ai pensé qu'on était forte toutes les deux, qu'au bout de quinze ans on surmonterait n'importe quoi. J'ai essayé de m'en persuader.

Je suis tenace tu sais... Mais je me suis plantée.

On ne peut pas communiquer avec quelqu'un qui n'entend pas, qui ne veut pas entendre et on ne peut sauver que les gens qui veulent l'être.

Il est clair que j'ai nourri cette relation d'illusions.

Je veux un horizon de paix, de partage, d'entente et d'écoute, de bienveillance.

Je te souhaite de trouver le tien, le vôtre. Je te souhaite l'aboutissement de tes projets, l'apaisement de tes combats. Je te souhaite de te rencontrer vraiment, parce que je pense que tu t'es perdue.

Tu me manqueras de toutes évidences.

Celle que j'ai connu rigolote, apaisée, communicante, vivante, me manque, celle qui savait parler posément, débattre sans imposer. Celle que tu es au fond de toi. Celle qui doit te manquer aussi cruellement je pense.

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Etre une maman polypathologique chronique

Publié le par Melodie Desjours

Etre une maman polypathologique chronique :

> c'est angoisser à chaque symptôme pouvant évoquer une de mes maladies chez le Lutin

> c'est subir les réflexions des gens qui n'hésitent pas à s'offusquer du fait que j'ai osé concevoir un enfant alors que je suis malade

> c'est devoir expliquer à ces mêmes gens que mon fils n'a que 0.04 % de risque de plus que leurs enfants de déclarer une de mes maladies

> c'est devoir expliquer la différence entre génétique et héréditaire à des gens qui, parfois sont dédaigneux et pensent savoir mieux que moi

> c'est avoir du mal à prendre du recul sur toutes ces réflexions et tous ces symptômes

> c'est ne pas réussir à mettre en sourdine ma propre histoire de malade quand il s'agit de soigner le Lutin

> c'est demander à notre médecin généraliste s'il est sûr que c'est une gastro et pas Crohn et lui demander de prendre rendez-vous chez un gastro-pédiatre au cas où

> c'est prendre du Lexomil quand l'angoisse est trop forte

> c'est hésiter à concevoir un deuxième enfant tant la pression est trop lourde

> c'est de me demander quel sera l'avenir du Lutin, angoisser qu'il déclare les mêmes pathologies que moi, qu'il subisse le même calvaire

> c'est avoir des amies réconfortantes qui me font relativiser en me disant que 0.04% c'est infime et que ces maladies peuvent toucher tout le monde

> c'est se dire plusieurs fois par jour que ce Lutin est un miracle au vu de mon parcours quand on sait que dix ans durant j'ai entendu les médecins me dire qu'il fallait faire le deuil de la maternité

> c'est m'entendre dire qu'il est nécessaire de lâcher prise et faire un travail sur moi même en ce sens...

#lesdesjoursàlapoursuitedubonheur

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